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TRAVERSEE ..DE.. L'.ATLANTIQUE
Samedi 16 Décembre 2006
Tout le monde est fin prêt pour le départ !! Norbert est sous anti-inflammatoire, mais il nous assure que tout ira bien.
Pour ma part j'appréhende un peu les jours à venir, la traversée précédente ayant été un peu ardue.
La météo est plutôt bonne, je dirai même un peu cool, je crois que le vent est assez faible. Tant pis ;de toute façon, nous avons décidé de partir aujourd'hui et nous ne sommes pas à 2 ou 3 jours prêts.
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Effectivement , le départ est plutôt tranquille. Chacun essaie de trouver sa place.
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Voici nos premiers couchers de soleil de cette traversée !!!
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Récit de la traversée
Dimanche 24 Décembre 2006
Voici 8 jours que nous naviguons dans cette immensité. Comme je le craignais, les 1ers jours ont été, pour moi, un peu difficiles. La nausée des 1ers jours est toujours désagréables mais gérables.
Les 3 premiers jours ont été " pétoleux", mais malgré tout, mon efficacité est réduite pour ainsi dire à néant. Le matin lorsque j'emerge de ma couchette, c'est pour aller "m'estrougner" sur l'autre couchette du carré ou bien m'allonger sur une mousse moelleuse à l'extérieur.

Les enfants eux sont assez en forme, ils ont même décidés le 4ème jour de faire un peu de sport sur le pont en frappant sur le plus gros pare-battage en guise de putching-ball.
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Les animaux, soumis à nos décisions de voyage essaient de trouver la meilleure place qui leur évitera au maximum le roulis.
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Jean-Emmanuel et Norbert décident de lancer la ligne régulièrement pour agrémenter nos repas de protéines fraîches.
Pour l'organisation des repas, il n'y a pas vraiment de règles, c'est celui qui est le plus en forme et qui se sent le plus à l'aise qui assure la "survie" de la petite famille.
Autant vous dire tout de suite, mais vous l'aviez sans doute compris, que je n'ai pas vraiment répondu présente les 1ers jours, même si qques fois je me suis fait violence.
Mon " amarinage" s'est fait je crois aux environs du 5ème ou 6ème jour. Il faut quand même préciser qu'à partir du 4ème jour la houle est montée, et comme d'habitude, le vent n'était pas assez fort pour compenser les vagues. Donc, comme vous pouvez l'imaginer, nous roulons bord sur bord : tanguage, roulis, .....
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Les repères dans le bateau se font de mieux en mieux au fil des jours, les déplacements deviennent techniques : on sait par exemple que si on a une tasse pleine de thé chaud, il faut attendre la fin du troisième roulis pour se précipiter hors du roof.
Tout le monde mène son train-train.
Même à la pêche nous devenons des "professionnels". Tous les jours J-E lance la ligne tôt le matin, vers les 07h00, pour ne la remonter qu'au coucher du soleil vers les 19h00. Les poissons mordent le matin tôt et en fin d'après-midi. Tous les jours nous avons des touches mais nous ne les avons pas toute remontées pour cause de décrochage. La 1ère daurade coryphène que nous avons pêchée mesurait environ 80 cm et pesait aux alentours de 5 kg. Nous, du moins Norbert, la cuisine à la poêle. C'est un délice. Florianne ne s'est pas encore décidé à manger du poisson. Elle aura donc deux oeufs au plat en guise de viande du jour.
Nous essayons de diversifier les activités à bord, nous développons plusieurs ateliers :
l'atelier jeu de dames
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l'atelier cuisine
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l'atelier patisserie
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l'atelier "scrabble"
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l'atelier boulangerie
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l'atelier coiffure

l'atelier rasage

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l'atelier musique
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l'atelier massage
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l'atelier grimace
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l'atelier méditation
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l'atelier sieste
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l'atelier lecture
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l'atelier cache-cache
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l'atelier lavage
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l'atelier pêche
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Tout le monde y va de son grain de sel pour rendre les journées agréables. Nous y arrivons de mieux en mieux.
Ce soir c'est le réveillon de Noël. C'est la 1ère fois que nous allons le passer en famille réduite ; mais c'est aussi la 1ère fois que nous allons le passer en plein océan.
Nous n'avons pas eu le temps de sortir la déco de Noël avant de partir du Cap Vert, et pendant la traversée, c'est impossible d'aller la chercher au fin fond d'un coffre à l'arrière du bateau avec la houle que nous avons.
Tant pis, par contre, nous avons quand même trouvé le CD de Noël avec toutes les chansons qui vont bien : "les Anges dans nos campagnes", "Petit Papa Noël",..etc. Nous ne dérangeons personne, alors le son est à fond.
Nous avons même inventé notre chanson de Noël :
Le Blues de la houle
Refrain
J'ai le Blues de la houleLe père Noël est absentIl n'aime pas l'océanLe bateau rou,ou,ou,ou,le !!
1er couplet
Il prèfère se la couler doucedans les stations de ski,en descendant tout shusspour gâter les petits !!
Refrain
2ème couplet
Y'a pas d'sapins !Y'a pas d'cadeaux !Y'a que de l'eau !Mais on est bien sur notre bateauCar tout est beau,eau,eau !!A part la hou,ou,ou,ou,le !!!
Refrain
Guitares :Jean-Emmanuel et Norbert
Percussion : Florianne
Voix : Florianne et Véronique

Nous nous entrainons plusieurs fois dans la journée pour que ce soit parfait le lendemain.
Notre repas du réveillon de Noël sera assez sobre :
Velouté de tomatePaté de campagne avec pain fait maisonGateau chocolat aux pignons ( fait par Florianne)
La joie et le bonne humeur est au rendez-vous même si la grande famille nous manque énormément. Chacun essaie de rester très discret quant à son spleen.
Les 1/4 de nuits seront décalés car ce soir nous reveillonnons.
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JOYEUX NOEL 2006


Dimanche 31 Décembre 2006
15 jours aujourd'hui que nous sommes partis de Mindelo ( Cap Vert ).
Pendant 14 jours nous n'avons rencontré aucun autre bateau, qu'il soit petit ou grand. Encore une fois nous sommes seuls au monde.
Sauf hier, où nous étions très cool, chacun vacant à ses occupations. Il faut le dire nous avons relaché l'attention. Nous ne surveillons plus vraiment aux alentours.
Grosse erreur : en effet hier nous étions tous tourné vers l'arrière. Tout à coup, Norbert tourne la tête sur sa gauche et calmement dit : "ohhhhhh".
Un énorme cargot glisse tranquillement à 500 m sur tribord. Nous faisions véritablement route de colision car une fois qu'il est nous a dépassé, il a repris sa route, perpendiculairement à nous.
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Nos coeurs se sont mis à battre à 100 à l'heure. Nous avons vraiment pris conscience à quel point c'était dangereux !!!!
Nous nous resaisissons et promettons que jusqu'à ce que nous arrivions, nous serons désormais hyper vigilant, la nuit y compris, les petits roupillons et assoupissements s'étant introduits dans notre rythme nocturne.
Nos copains les mammifères marins sont toujours là, nous les voyons presque 1 jour sur 2.
Vous allez trouver que je rabâche certainement mais Quel plaisir immense !!!
Pourquoi ne se lasse-t-on jamais de les voir !!
Ils viennent caresser la coque à l'étrave, nous accompagnent sur les côtés, arrivent en nombre par l'arrière. Nous pouvons les voir à travers les vagues, elles sont suffisamment hautes pour les distinguer.
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Comme d'hab, il y a le petit frimeur du groupe qui vient juste sous nos yeux exiber son petit ventre. Cette fois, celui-là l'a légèrement rosé.
On s'extasie, on crie commes des petits fous, il me semble que nous redevenons tous des enfants dans ces cas là.
Cette fois dans le groupe qui n'en décompte pas moins d'une centaine (je vous assure, je n'éxagère nullement !!), une nouvelle espèce est apparue, les globicéphales, ils ont le "museau" tout arrondi.
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C'est génial !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
La pêche est toujours d'actualité ; mais comme maintenant nous sommes des "bons", nous sélectionnons nos prises. Lorsque nous estimons que les daurades sont trop petites, nous les relachons aussitôt. Il faut qu'il y ait à manger pour trois, et au moins pour deux repas. ( Nous avons établi cette règle car Jean-Emmanuel nous fait une crise de culpabilité lorsque l'on en attrape un, et nous fait tout un discours sur la méchanceté des hommes ; il se calme un peu quand c'est dans son assiette !!!).
Cependant nous avons beau être des "bons",nous n'avons pas de gaffe pour remonter les poissons, et l'épuisette est loin d'être efficace pour les gros ; à ce titre d'ailleurs nous en avons perdu plusieurs. Norbert en fabrique alors une très artisanale avec la gaffe de manoeuvre et une lime hyper pointue que Norbert a dégottée au fond de sa caisse à outils.
Il fait peur non ?????
Quelques jours après Noël, la prise a été de taille et le nouvel outil très utile.
Panique à bord, tout à coup la ligne s'emballe et file à grande vitesse. Norbert et Jean-Emmanuel se précipitent, chacun sachant la tâche qui lui incombe.
Sur ce coup là, c'est moi qui doit assurer à l'épuisette.
Malheur !! elle se tord sous le poids : c'est lourd, et je crains de me faire lincher si je ne suis pas à la hauteur.
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Cris, jurons, glissade sur le pont, tout y est, il ne manque rien, à si, j'allais oublier Incognito qui vient se glisser dans nos jambes pour essayer certainement de nous aider !!!
Tout d'un coup Norbert nous dit : " Poussez vous je vais le gaffer et le projeter sur le pont !! "
ET hop ! aterrissage forcé sur le pont de ce barracuda qui doit peser au moins 10 kg et mesurer environ 110 cm.
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Il paraît que c'est très agressif comme poisson, nous ne nous sommes pas approchés de trop près tant qu'il n'a pas été complètement mort.

Voilà, là c'était pour les fanas de la pêche.
Maintenant pour les gourmets, je peux vous dire que c'est très bon. Vu la taille de la bête, nous avons largement eu de quoi manger pour 4 repas à 3 personnes et un repas pour Floflo.
Eh oui !! elle a mangé du barracuda, certes pané, très pané même, mais ell a fait un effort et c'est très bien.
Le chat aussi a eu
sa part
Tous les matins Cannelle et Inco font le tour du pont et vont à la cueillette des poissonts volants ; les petits pour le chat, les plus gros pour le chien. Ca croustille, et il ne reste rien.


Depuis ce matin tout le monde s'affaire à la préparation du réveillon du jour de l'an. Quelques oiseaux viennent nous rendre visite, on pourrait croire qu'ils s'interessent à nos préparatifs.
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Nous savons que nous devons arriver normalement dans 2 ou 3 jours ; nous sommes tous excités à l'idée de découvrir la Guyane.
Afin de régaler nos papilles, Florianne a décidé de préparer des petits gateaux pour ce soir, et une bonne pizza qu'elle va tenter de faire sous l'oeil attentif de sa maman.
Pour ma part je m'installe pour la préparation de notre bon pain du jour
. 
La soirée arrive, nous nous préparons, nous faisons une petite beauté pour l'occasion, les animaux sont déja installés, ils nous attendent impatiemment.

Voici le menu :


La soirée se passe tranquillement, petit repas familial (un de plus) en admirant les étoiles.
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Les gateaux de
Flo sont fameux. 
L'heure approche.

En métropole, les embrassades ont déjà eu lieu il y a environ 3 heures.
Norbert va sonner la superbe cloche en laiton que Manou nous a offert pour marquer le passage dans la nouvelle année.

BONNE ANNEE A TOUS ET A TOUTES !!!!!!!!!!

Lundi 1er Janvier 2007
Le lendemain matin, alors que je me réveille, Norbert décide de mettre le moteur., ce qui a pour effet immédiat de me sortir illico de la cabine, celle-ci étant juste à côté de l'emplacement moteur.
Je m'étire comme un chat, j'ai bien dormi, il fait beau, et nous arrivons normalement dans 2 jours et demi.
- " Pourquoi met-on le moteur ? Tu ne m'avais pas dit que l'on devait l'économiser ? je demande à Norbert.
Jean-Emmanuel me repond sans attendre que c'est parce qu'il y a beaucoup de courant et que l'on a été pas mal dévié de notre route.
Bon, je m'installe tanquillement , et mon skipper préféré m'apporte le petit déjeuner, le sourire aux lèvres.
Je m'interroge sur son petit sourire en coin, et je décide de le "cuisiner" en le harcelant de questions
Il craque.
En fait, cela fait plusieurs jours qu'il a gardé le secret, mais aujourd'hui il n'en peut plus, il m'avoue que nous arriverons aujourd'hui, et qu'il a mis le moteur pour éviter de faire notre entrée à la marina de nuit.
Super Génial ; nous allons arriver le 1er Janvier 2007 !!!
Nous atterrissons de l'autre côté le 1er jour de l'année : cette idée me plaît beaucoup.
Cette fois il n'y a plus que Florianne qui ignore la véritable date de notre arrivée.
Le bateau file à 8 noeuds et nous sommes tous très enjoués, même Florianne, mais elle, elle est de toute façon toujours de bonne humeur !!
Les animaux, eux, ne sont plus trop pertubés par le roulis du bateau, ils ont trouvé leur place.
C'est quand même plus facile pour Inco qui trouve toujours un endroit correspondant pile poils à sa taille.
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Nous avons du mal à garder notre sérieux, quand Florianne nous fait remarquer que la mer a changé de couleur ; en effet elle a légèrement verdi, et à priori cela va aller en s'accentuant au fur et à mesure que l'on va s'approcher de la Guyane.

Norbert scrute l'horizon et s'écrie : " Terre !!! Terre !! "
Nous nous disputons les jumelles. Effectivement au loin des masses un peu sombres se découpent à l'horizon.
Florianne a enfin compris et elle aussi heureuse que moi à l'idée d'arriver aujourd'hui.
Nous voyons les premières îles : Les Mammelles, l'îlet La Mère, et l'îlet le Père.
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Nous croisons une zone de mouillage réservée aux cargots ; c'est assez étrange car elle est assez loin au large.

Nous croisons aussi des bateaux de pêcheurs qui m'ont valu une sacré peur. En effet il y en a un d'entre eux qui à priori venait droit sur nous et on avait la nette impression q'il n'avait pas envie de modifier un tantiné sa route de qques degrés.
Nous sommes à fond au moteur avec l'appui de la voile, et apparemment nous ne pouvons pas passer derrière lui à cause de son chalut. Je vois ses "grands bras" sur les côtés qui se rapprochent, et Norbert m'envoie chercher à l'intérieur la corne de brume. Je ne me le fais pas répéter deux fois, et met le coffre en vrac car bien sûr il me manque l'embout.
Ca y est, je ressors la tête toute ebouriffée, et m'aperçois que le pêcheur s'est quand même dévié, mais à la dernière minute, passe juste derrière nous, font les curieux, et font demi tour.
Un petit coup de stress juste avant d'arriver, ça remet les idées en place mais ça vous pompe beaucoup d'énergie pour rien, il est dommage que le re-contact avec la "civilisation" se passe ainsi.
Ce n'est pas grave, car les 1ères images de la Guyane qui s'offrent à nous nous font vite oublier ce petit incident.
De la verdure ; la forêt dense habille ces îles que nous dépassons bientôt. L'eau est bien verte, nous sentons sensiblement le changement.
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Nous rentrons dans le chenal qui est quand même assez bien balisé, mais il faut faire attention car ici les phares sont inversés, le rouge pour tribord et le vert pour babord.
1ère bouée rencontrée depuis 16 jours de mer.
Nous entrons sur le fleuve Mahuri et la démarcation est flagrante, nous passons de la couleur verte à cette couleur marron si bien connue des fleuves de Guyane qui répulse beaucoup de gens (à tort d'ailleurs).
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Nous suivons le chenal comme des enfants bien sages en vérifiant régulièrement la profondeur, mais il paraît que nous n'avons rien à craindre, qu'il y a sous notre coque 3m (nous avons un tirant d'eau de 2,20m ; il ne reste que 80 cm, c'est pas beaucoup n'est-ce pas ? )
Moi, très concentrée.
Les animaux ont les sens en éveil, Cannelle a déjà au moins 10 tours d'avance sur le pont du bateau, et Incognito a la truffe en l'air à renifler les nouvelles odeurs.
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Sur la berge à babord se trouve la mangrove, avec ses arbres immenses les "pieds" dans l'eau,
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et à tribord quelques maisons et des kite-surfers qui ont l'air de bien s'éclater.
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Nous allons arriver à la marina Degrad des Cannes, en passant juste à côté du seul port de commerce de la Guyane.

Lorsque nous sommes enfin assez proches, nous nous regardons tous assez hébétés, La marina en question n'a rien à voir avec ce que nous connaissons déjà des marinas.
Il y a en tout et pour tout 6 ou 7 pontons, et bien évidemment, aucune place de libre. Nous sommes un peu déçus et ne savons pas trop quoi faire car nous n'avons pas envie de nous mettre au mouillage.
Finalement pour aujourd'hui nous nous mettons à couple d'un voilier "Rames Guyane" qui accepte gentiment de nous accueillir et de nous aider à nous amarrer.

Les skippers de ce bateau nous expliquent qu'ils font partie de l'organisation d'une course "Rame Guyane" dans laquelle des rameurs sont partis du Sénégal à la rame, vous vous en seriez doutés, pour arriver normalement ici, en Guyane à la marina Degrad des Cannes. Le premier a touché terre il y a déjà une dizaine de jours.

Eux sont chargés d'aller récupérer des coureurs en difficulté ; ce qui implique qu'ils sont censés partir plus ou moins à tout moment. Il faudra donc envisager pour nous une autre place dès demain.
Nous nous amarrons correctement. Ceux qui connaissent Norbert savent ce que je veux dire, c'est à dire que 2 amarres valent mieux qu'une : une garde par çi, une autre par là...etc...
Ce en quoi il a bien évidemment raison, et la suite va le prouver. En effet à peine sommes-nous finalement bien amarrés, que tout à coup le bateau bouge comme si nous naviguions, on entend l'écoulement de l'eau et le bruit des vaguelettes qui tapent contre les coques.
Nous nous penchons un peu et constatons qu'il y a un courant de folie. Nous nous rendons compte que nous avons eu de la chance au moment de notre arrivée, car c'était le moment de la renverse, c'est à dire le calme plat entre la fin de la marée montante, et le début de la marée descendante.