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TRAVERSEE .DES. ILES .BALEARES ..A ..ALMERIMAR
Samedi 28 0ctobre 2006
Super météo, il faut qu'on y aille !!
Nous postons tous les courriers avant de partir, nous vérifions que tout soit bien calé das le bateau, nous rehissons sur le pont,le zodiac et son moteur, nous rangeons les pare-battages, je prépare des sandwichs pour le repas de midi et nous voilà partis pour un trajet d'environ 3 jours et 3 nuits.
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Nous nous retournons vers la côte des Baléares où nous avons passé 12 jours, contents de partir vers d'autres horizons.
Nous naviguons sous voile environ 1h et nous sommes obligés de mettre le moteur en marche car le vent à nouveau nous fait défaut. Décidemment pas de chance pour nous pour ce nouveau départ.
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La traversée s'annonce bien et chacun se prépare pour la nuit.
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Florianne et Norbert commencent le 1er quart, Jean-Emmanuel et moi allons nous coucher pour bénéficier au maximum d'heures de sommeil. J'ai du mal à m'endomir, pas évident de se coucher à 20h ou 21h ; en plus j'entends Florianne "discutailler" avec son père :" Et çà, ça sert à quoi ?" "Laisse moi barrrer" et bla bla bla ... et bla bla bla...
A 00h30, Norbert vient me chercher ; c'est mon tour : dur dur!
Je découvre Flo dans le cockpit, emmitouflée dans sa veste, toute recroquevillée sous une couerture. Elle descend se coucher sans se faire prier, et j'attaque mon quart en compagnie de Jean-Emmanuel.
Nous sommes obligés de barrer car nous avançons au moteur, "encore et toujours". Je suis à la barre et JE surveille les alentours. On ne peut pas imaginer le nombre de cargots, ferries ou paquebots que l'on croise en mer, c'est hallucinant, et surtout très impressionnant.
Nous échangeons nos postes au bout d'1h et demi car tenir la barre, c'est assez fatiguant ainsi que d'être à la surveillance. JE remplit régulièrement le livre de bord du bateau, obligatoire pour toute navigation. Il faut y noter, l'heure, le cap, l'allure ...etc....
Deux fois , je m'assoupis, et quand je me réveille en sursaut, j'ai l'impression d'avoir abandonné JE au moins pendant une heure ; mais heureusement ce n'est pas le cas.
J'ai hâte de retourner dans les bras de Morphée, et j' attends impatiemment la fin de notre "garde".
A 3h30, j'envoie JE réveiller son papa que je vois prendre son poste avec des yeux plein de sommeil. JE retourne se coucher mais je n'ai pas le courage de reveiller Flo.
Je tiens donc compagnie à Norbert dans le cockpit, emmitouflée sous la couverture, avec l'autorisation de m'endormir quand je veux.
Bonne fin de nuit !!
Dimanche 29 Octobre 2006
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A 7h00 je relaie Norbert à la barre, et nous voyons ensemble le lever du soleil. |
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C'est génial, lorsque l'on est en pleine mer on bénéficie d'un lever et d'un coucher du soleil sur l'eau. C'est beau !
Norbert dort pendant environ 1h, puis je vais préparer le petit déjeuner. Le matin, nous avons bien faim, car en fait, le soir il faut manger avant la nuit, et on se laisse toujours avoir par la tombée de la nuit. le résultat est que le repas est des plus frugal.
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La journée s'annonce super bien,(mis à part le manque de vent), car sur une mer d'huile, nous voyons plein de choses.
Norbert m'interpelle et me dit :" Que voit-on là-bas ?". J'ai l'impression que c'est une poubelle qui flotte !"
Nous nous approchons lentement, et que voit-on ? Voilà une superbe tortue qui se promène et nous accueille dès le matin. Nous sommes tous excités, on s'arme de l'appareil photo, de la caméra, chlac! chlac! on mitraille la pauvre tortue qui je dois le dire n'a pas l'air très rassurée. Je crois qu'elle est un peu agacée et décide de plonger pour échapper à ces intrus.
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Durant toute la journée nous avons croisé des tortues, toujours seules, mais en tout, Florianne en a comptées une vingtaine.
Ce n'est pas tout, nous avons eu aussi la compagnie de quelques dauphins, dont un qui est venu faire la course à l'étrave de notre bateau !! Nous sommes tous comme des petits fous à crier , à sauter partout, surtout Florianne qui n'a pas laché la caméra et JE son appareil.
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Toute la journée a été rythmée par la venue de tel ou tel animal ou de tel ou tel cargot, ce qui est beaucoup moins excitant et esthétique. Mais bon nous sommes apparemment sur leur chemin.
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Journée calme ; dès que le vent se lève un peu, nous en profitons pour éteindre ce satané moteur (mais heureusement qu'il est là), et apprécier le calme.
Impressionnant cette étendue d'eau, à perte de vue, nous avons l'impression d'être seuls au monde.
La journée se déroule calmement, lecture, musique, repos pour essayer de récupérer les heures manquantes de la nuit...et en prendre d'avance sur celle qui arrive.






Lundi 30 Octobre 2006
La nuit s'est bien passée.Comme d'habitude, Norbert s'est battu pour éviter les cargots, à droite, à gauche, devant,derrière, il y en a partout ! Moi je me suis barttue contre le sommeil et les yeux qui "parpelègent". Les enfants, eux ont aussi participés à tout cela !
Le matin, nous sommes contents de voir le soleil se lever, le stress disparaît, et tout le monde est là.
Je ne vous ai pas reparlé des animaux, tout le monde est à son poste. Cannelle dans le cockpit, plus ou moins calée contre un bout ou bien étalée sur son tapis ; incognito toujours dedans la nuit, et sort son nez de temps en temps la journée sur le pont quand le bateau ne bouge pas trop pour lui. Je pense que la chasse lui manque un peu, car je l'ai surpris à courir après une mouche. Je rassure tout le monde, personne n'est malheureux !
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Aujourd'hui, visite d'un nouveau compagnon ; un petit oiseau, ou du moins plusieurs petits oiseaux ; ils sont par 2 ou 3. Je me demande d'où ils viennent, car ils sont très loin de la côte, et ils ne ressemblent pas à des oiseaux migrateurs (mais, je suis ignard dans ce dommaine). Enfin toujours est-il que L'Alchimiste leur a servi d'hôte pendant quelques heures. Ils allaient et venaient,se posaient, se reposaient, et un moins craintif que les autres est même venu se poser sur ma tête. Absolument pas effrayé, il est resté plusieurs secondes à me picorer la tête pour en changer et aller s'installer sur celle de JE. Personne n'en est revenu ! Cela ne nous serait jamais arrivé à terre !
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Aujourd'hui Florianne et moi travaillons un peu la techno, en ce moment elle bosse sur les tableurs, alors ça va, je me sens un peu à l'aise. Toujours pas facile de travailler en navigation même si la météo est bonne ; l'ambiance est différente et c'est d'autant plus dure de s'y mettre ; ils vont le confirmeront.
Pour Norbert, tout
se passe bien 
La 3ème nuit arrive, et normalement c'est la dernière. Nous devrions passer le Cap de La Gata dans la nuit et arriver au petit matin, vers les 07h00, dans le port d'Almérimar, dans la région d'Alméria en Andalousie.

Nous avons eu un contact radio et nous savons que nos amis du bateau "Phoebus" ne sont pas loin de nous, dans la même direction et que nous risquons de nous retrouver à Almérimar. C'est super, nous sommes très contents de les revoir. Eux sont partis le dimanche 09 Octobre et ont longés la côte espagnole.
Le Cap que nous prenons vers les 19h fait que nous avons les vagues dans le "nez", ainsi que le vent. Nous sommes à la voile avec le moteur en appui. Tout d'un coup, le bateau se met à giter sur babord et à taper contre chaque vague que nous rencontrons. Norbert assis dans le cockpit se prend une vague de plein fouet et le voilà trempé. Les enfants et moi étions à ce moment à l'intérieur du bateau, c'est une chance pour nous. Dedans nous ressentons encore plus la force des vagues, cela fait un boucan terrible et un peu impréssionnant lorsque l'on n'a pas l'habitude. Je suis prise de panique et je demande à tout le monde de s'équiper avec salopette et veste pour éviter d'être mouillé. Les enfants en allant ranger leurs affaires à l'avant sont soulevés du sol. Ils sont éclatés de rire, "c'est encore mieux qu'à la fête foraine" me dit Jean-Emmanuel complètement hilare. Moi j'essaie de ne pas montrer que je ne suis pas rassurée, mais j'ai beaucoup de mal ; j'ai encore du travail à faire de ce côté là. Incognito, le chat, est complètement terrorisé par les bruits et lance des miaulements graves qui en disent long sur son état. JE et moi décidons de sortir, et dehors c'est tout de suite mieux, à l'intérieur les bruits sont décuplés. Florianne, elle, décide de rester dedans pour rassurer les animaux (car nous avons aussi rentrer Cannelle).
Une heure après c'est un peu plus calme. Tout est dans la tête, c'est de la maîtrise de soi, il n'y avait absolument rien à craindre. C'est un apprentissage.
La nuit arrive, et c'est Norbert et moi qui la commençons, nous envoyons les enfants se coucher.
On se relaie à la barre, et la fatigue commence à se faire ressentir ; nous ne voulons pas pour l'instant déranger les enfants. Je sens que la nuit va être longue. Pendant que l'un veille, l'autre s'assoupit mais reste à la disposition de son accolyte. Nos énormes compagnons de nuits sont toujours là, certains peu éclairés, d'autres très iluminés.

Nous passons ce fameux Cap de la Gata, et nous avons l'impression de faire du sur-place. Le courant est tel qu'il nous dévie de 30° sur babord. Norbert a donc du compenser en modifiant le cap, et nous avons augmenté l'allure. A un moment donné de la nuit nous étions entourés de cargots, ils sont assez loin, mais avec la fatigue on amplifie toujours un peu.
Très souvent dans la nuit je pense à ma grand-mère, car nous nous dirigeons dans sa région natale, la région d'Alméria. Elle est née dans un tout petit village complètement isolé qui s'appelle Lucainena de las Torres. Ce petit village typique Andalous je l'avais visité avec elle et mon père quand j'avais dans les 10 ans, et qques années plus tard avec Norbert et nos enfants. Je sais qu'elle nous voit de là haut et elle sait que je l'aime et qu'elle me manque très souvent.
Vers les 5h du matin, nous décidons de réveiller Jean -Emmanuel, pour prendre ma place. Norbert restera à ses côtés en cas de besoin. Je crois que je n'ai pas eu besoin de compter jusqu'à trois pour m'endormir.
Tout à coup je suis réveillée par 2 coups de corne de brume. Sursaut et coeur qui bat à toute vitesse. Norbert essaie d'avertir un bateau juste devant nous qui est en train de faire route de colision avec nous. Dès que nous changons de direction pour l'éviter, celui-ci change aussi et continue à se diriger sur nous. Norbert prend un gros spot , et nous lui envoyons un gros raie de lumière dans sa direction ; nous sommes dans la brume. Norbert se détourne d'une façon franche et enfin celui-ci comprend, s'écarte et passe à notre tribord. Le réveil est plus qu'efficace dans ces cas là. Une petite frayeur de bon matin, çà vous remet vite les idées en place.