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SAFI - MAROC -

 

Nous entrons enfin. Norbert se rassure car il a vu 2 mâts, cela ne fait quand même pas beaucoup pour un port.

Notre inquiétude était tout à fait justifiée, il n'y a absolument pas de quais prévus pour accueillir des bateaux de plaisance, et nous sommes obligés de nous mettre à couple d'un voilier qui est lui même à couple d'un petit catamaran, lui-même à couple d'un bateau école marocain. Nous formons une brochette de 4 bateaux, avec nous en bout de file, presque en plein milieu du passage. Tous les bateaux de pécheurs nous regardent d'un air amusé mais aussi à la fois curieux ; ils nous font tous des grands signes et nous disent tous bonjour en français. C'est assez pittoresque, on ne s'attendait pas du tout à çà ; on peut dire que çà nous dépayse.

 

Vient le moment des formalités. Ca aussi c'est assez typique !! Nous avons droit en premier à un Mr des affaires maritimes, tout à fait aimable qui nous souhaite la bienvenue, et qui vient remplir ses papiers à bord du bateau.

En second, Norbert va au bureau de l'immigration ; là, çà commence :" combien de jours vous restez ? combien de personnes à bord ? les papiers des animaux ..Vous avez du vin ? alors là c'est la question qui tue, ou du moins c'est la réponse qui tue ! (ne vous inquiétez pas, c'est une façon de parler !). Norbert répond : " oh ! juste pour notre consommation personnelle " [ C'est pas vrai, nous en avons un peu plus, car en Guadeloupe C'est rare et très cher !!].

Le Mr :-" Je peux en avoir une ?"

Norbert : -" Oh oui, pas de problème"

Résultat des courses, une bouteille pour l'officier de l'immigration, une pour son collègue; une pour le douanier (3ème personne) et une 4ème pour le capitaine du port (4ème et dernière personne pour les formalités d'arrivée) qui nous accueille les bras ouverts en nous disant qu'il part à la retraite dans 4 jours.

Quelle histoire !! Ils sont tous très sympatiques, mais ils nous voient arriver avec nos têtes de touristes !

Le seul problème dans ce port, c'est que nous n'avons pas d'accès ni pour l'électricité, ni pour l'eau. L'eau, c'est ce qui va me manquer le plus ! Il faut donc faire très attention à la consommation des réservoirs, car on ne pourra refaire le plein qu'aux Canaries.

Nos voisins sont hyper gentils ; le skipper, Jean-Baptiste est un belge qui va en Guadeloupe en faisant traverser un groupe de 5 personnes. Nous sympatisons rapidement. C'est çà qui est le plus surprenant lorsque l'on voyage, cette facilité de contacts.

 

Mercredi 15 Novembre 2006

Comme à notre habitude, nous voilàs partis avec Norbert à la recherche d'un cybercafé. Cette fois nous n'avons pas de problème pour le trouver car c'est Jean-Baptiste qui nous guide. Nous traversons le port, où pratiquemment tous les pêcheurs viennet de rentrer. Moi j'avoue ne pas être à l'aise du tout , je suis la seule femme, et en plus une européenne, j'aime autant vous dire que je ne passe pas inaperçue !!

Safi est une ville de pêcheurs

, et aussi une ville dont la spécialité est la poterie. Nous avons donc là une activité qu nous attend.

Le soir même, sous la propositon de J-B, nous mangeons dans un petit resto, "Le restaurant de Safi". Nous commandons du tajine, du poisson, et des brochettes ; nous nous sommes régalés et "pour pas cher ! " (mettez y l'accent marocain, c'est mieux ).

*

Jeudi 16 Novembre 2006

Nous avons reçu un mail de Phébus qui nous précise qu'ils se sont abrités dans un autre port , plus au nord de Safi. Tout va bien pour eux !

Nous ne bougeons pas de la journée sauf qu'il a quand même fallu que tous les bateaux à couple se désaccouplent pour la journée car le bateau-école marocain devait faire une sortie avec des élèves.

En fin de journée, nous reprenons nos places.

Il a été décidé que le départ pour les Canaries serait pour le lendemain après avoir mangé, car la météo est favorale.

 

Vendredi 17 Novembre 2006

Nous nous levons tôt, car nous voulons voir la médina et le marché des potiers avant de partir .

Nous entrons dans le médina, la vieille ville. On ne pouvait pas imaginer plus de dépaysement ! Ces petite rues sont incroyables, elles sont étroites toutes imbriquées les unes aux autres. Il y a des petites échopes par ci, par là, une petite épicerie minuscule, un barbier, un vendeur de pommes avec une immense carriole, des petits vendeurs de menthe, d'épices, de petits pains plats et ronds ...etc. Pour ma part, je n'ose pas prendre de photos, j' ai l'impression que ce serait indécent ou "voyeurs".

En continuant notre chemin, nous arrivons au quartier des artisans potiers.

Nous sommes immédiatement pris en main par un marocain qui nous explique qu'aujourd'hui c'est le jour de la cuisson, et qu'il va nous montrer ce qu'il y a à voir si nous le souhaitons. Nous nous laissons guider par ce monsieur qui s'exprime très bien en francais et qui nous explique toutes les étapes en nous faisant passer dans chaque atelier.

 

Florianne s'est même laissé tenter à essayer de sculpter un plat.

Leurs outils sont plus que précaires mais apparemment très pratiques. Pour certains, les sculpteurs, ce sont des morceaux de métal récupérés sur des boîtes de sardine, pour d'autres, les décorateurs,ce sont des morceaux de vieux stylos sur lesqels ils ont fixé du crin d'âne pour peindre.

Notre visite s'achève dans l'atelier de stockage ou bien sûr nous nous laissons tenter par qques achats, dont un plat à tajine à décoration traditionnelle de Safi, et 4 bols rectangulaires à décoration berbère.

Nous sommes raccompagnés par notre guide jusqu'au bateau car il m'a demandé si je n'avais pas qques vêtements à lui donner. Je fais faire le tri aux enfants de certans habits presque trop petits ou autres et nous lui donnons. Il est tellement content, qu'il embrasse Norbert en nous souhaitant bonne route.

Vite vite, il faut partir, nos voisins nous attendent ; nous les bloquons car c'est nous qui terminons la brochette de bateaux.

Tout est calé, enfin plus ou moins ,

nous mettons nos chaussures de pont, et c'est reparti !!

Nous ne regrettons pas cette escale au Maroc.

Le bateau de Jean-Baptiste passe devant et nous les suivons.

Il part comme une fusée,

et bientôt; alors que la nuit tombe, nous le perdons de vue.

Nous sommes ballotés dans tous les sens, il y a le vent qu'il faut, mais la mer est formée, et il y a une houle de nord croisée avec celle créée par le vent du sud.

Nous sommes nauséeux, et nous avons tous avec nous notre petite plaquette de "cocculine".