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Les îles du Salut

 

 

Samedi 17 Mars 2007

Nous devions partir tôt ce matin, finalement c'est à 12h30 que nous larguons les amarres de la marina de Degrad des Cannes. Ce n'est pas vraiment le bon moment, car nous partons avec le vent et le courant dans le nez ; mais tant pis ; il faudrait attendre 15h00 pour la marée descendante.
Nous sommes très touchés car nous nous apercevons que beaucoup de personnes que nous avons rencontrées sont là pour notre départ. Les au revoirs sont émouvants, les mots sont coincés dans la gorge.
Nos amis, Yann et Claudine sont là avec leur BB. Nous avons tous des lunettes de soleil mais les larmes qui coulent le long des joues trahissent notre émotion. C'est grâce à eux que nous sommes venus en Guyane, et nous les remercions de nous avoir inciter à nous y arrêter.
Cette escale était prévue à l'origine pour 1 mois maximum, et aujourd'hui, cela fait 2 mois et demi que nous sommes là ; c'est dire à quel point nous y étions bien.
Nous les remercions pour l'accueil qu'ils nous ont réservé et pour tous les services qu'ils nous ont rendus.
Nous remercions aussi tous les autres, pour leur gentillesse et les moments partagés, les apéros, les balades, les randos ….

Nous nous éloignons de la marina en faisant des grands signes avec nos bras.


Nous embarquons avec nous Vincent, Soizic et Gaspard qui nous accompagnent jusqu'aux îles de salut.

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La sortie du chenal dure 2 heures et nous nous dirigeons enfin vers ces fameuses îles tant connues pour leur célèbre bagne de Guyane.


Le ré amarinage est assez difficile ; il fallait s'en douter après autant de temps passé en escale. Nous sommes tous plus ou moins nauséeux ; moi j'ai déjà presque absorbé une plaquette presque entière de cocculine.

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Après 4 heures de navigation (hors chenal), et un gros grain, nous jetons l'ancre devant l'île Royale.

 


Le site a l'air sympa, mais il fait déjà nuit et nous n'y voyons pas grand-chose.
Nous dînons, le mouillage est un peu rouleur, mais tout va bien.
Le couchage s'organise ; Vincent et Jean-Emmanuel ont décidé de dormir dehors ; J-E dans son hamac, et Vincent dans son duvet dans le cockpit.
Bien mal leur en a pris, car ils se sont repliés en catastrophe dans la nuit suite à nouveau à un gros grain.

 

 

Dimanche 18 Mars 2007

Après cette nuit un peu mouvementée, nous déjeunons et préparons le pique-nique pour passer la journée sur l'île.
Comme nous nous en doutions à l'arrivée, le site est super joli, l'eau est redevenue " verte ", et nous sommes entourés de cocotiers.

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......................Petit bain matinal............................


Petit détail que j'avais omis de vous signaler et qui n'est pas des moindres, nous avons été obligés de nous séparer de notre annexe, car elle n'a pas tenue le choc. Elle a fini sa vie en Guyane. Sa réparation était impossible, cela craquait de tous les côtés malgré toute la bonne volonté de Norbert qui y a travaillé 2 jours entiers en bricolant avec des chambres à air de tracteurs ou de camions.
Tout ça pour vous dire que le mouillage c'est bien, mais sans annexe, pas très pratique.
Norbert se positionne à l'arrière du bateau, et guette celui qui voudra bien nous prendre en stop. Des navettes emmènent tous les jours de Kourou des visiteurs, catamaran à voile ou bien gros bateau à moteurs.
Norbert interpelle un jeune dans son annexe et nous débarque à terre.


Royal est l'île dans laquelle se situaient les bâtiments administratifs du pénitencier ; la maison du directeur….etc.
Actuellement on peut y trouver une auberge qui accueille les visiteurs, un musée, mais il est fermé aujourd'hui...

Nous faisons qques rencontres :

 

 

 


Nous nous baladons un peu, et ne manquons pas de prendre en photo notre superbe voilier au mouillage.

La vue est magnifique.

Canelle n'est pas contente d'être restée seule à bord


Nous nous dirigeons vers une plagette où déjà des personnes sont installées.

Le pique nique est agréable,

et dès la fin du repas, nous nous précipitons à l'eau pour nous rafraîchir.


L'après midi se passe cool et profitons de cette superbe journée (sans pluie pour l'instant).

L'île du Diable


A 16 Heures, Vincent et Soizic doivent prendre leur navette qui les ramera à Kourou.
En ce qui nous concerne, nous passerons une nuit de plus au mouillage.
Comment faire pour regagner l'Alchimiste, le jeune homme de ce matin n'est plus là ?
Finalement la petite navette qui accompagne les touristes de l'île Royal à l'île St Joseph accepte gentiment de nous déposer sur notre petite maison d'où Cannelle surveille notre retour.
Nos amis s'en vont, et nous leur adressons de grands au revoirs. Nous nous sommes promis de nous revoir très bientôt.


Soirée en famille à la lueur de la lampe tempête dans un silence rythmé par les vagues se heurtant aux cocotiers.

 

Lundi 19 Mars 2007

Nuit au mouillage, signifie pour nous encore, risque de dérapage, donc nuit en pointillés.
Cette fois, je l'avoue, je me suis totalement reposée sur Norbert ; je l'ai entendu se lever, mais je n'ai pas sorti la tête une seule fois.

Nous sommes prêts, et attendons nos chauffeurs. Nous surveillons la navette bleue.
Norbert armé de sa corne de brume leur envoie un petit signal, et nous voilà sauvés, ils nous déposent directement sur l'île St Joseph et accepte de venir nous récupérer vers les 15 heures.

Nous avons largement le temps de faire le tour de l'île.
St Joseph est celle où se trouvaient les cellules des bagnards.
Quel paradoxe !!!!!! Cette île où bien des hommes ont usé leur corps pour avoir commis ou pas je ne sais quelle faute ou crime ; nous la foulons avec des yeux plein d'émerveillement, elle est tellement belle. Petit paradis dirait-on !!!!

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Un chemin contourne l'île, et nous l'empruntons pour arriver à ce fameux bagne.


Des quantités de cellules sont alignées. Elles sont toutes identiques et très petites ; on pourrait dire qu'elles sortent toutes du même moule. D'environ 3 m de long, sur 2 m de large, voilà la surface de leur petite "chambrée". 3 m plus haut, une grille ferme la cellule.

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Il règne ici une ambiance un peu particulière ; la nature a repris ses droits, des arbres énormes ont pris naissance dans certaines cellules et les racines se sont propagées à l'extérieur comme pour effacer l'emprise des hommes dans ces lieux, la misère, la peur et la haine qui ont pu régner ici.

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Ce que je ressens est assez ambigu ; c'est émouvant d'être là, et en même temps j'ai l'impression de faire du voyeurisme.
Je pense que ce ne devait pas être un paradis pour ces hommes qui devaient lutter tous les jours contre cette nature qui dans des conditions extrêmes n'est certainement pas très tendre.

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Nous traversons un cimetière où dans une première partie des enfants sont enterrés et un peu plus loin, certainement des personnes qui travaillaient là. Ce qui nous semble être sûr, c'est que ce ne sont pas des prisonniers qui sont ensevelis ici ; il n'y a pas le nombre de tombes correspondant au nombre de cellules (un peu mathématiques, mais bon !!!)

 

Nous continuons notre visite de l'île pour arriver sur une petite plage sur laquelle nous pique-niquerons.


Après le repas, la " siestoune ", et nous repartons.


J-E se met en tête d'ouvrir une noix de coco. Nono s'y met aussi.
Et Vlan ! Sur une pierre, et vlan ! À nouveau.
Au bout d'un quart d'heure d'acharnements, nous buvons enfin le lait de coco, c'est fameux. La chair est très tendre car la n.de coco est encore un peu verte.

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Sur le chemin du retour, Jean-Emmanuel et Norbert n'ont de cesse de faire tomber les noix de coco perchées tout là haut sur leur arbre.

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Nouveau sport : Le lancer de noix de coco, pour faire tomber les noix de coco.

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Nous réembarquons sur la navette avec chacun sa n.de coco sous le bras.


Journée super, beau temps, moments émouvants, calme, (nous n'avons croisé que des militaires qui pêchaient.)


Ce soir nous préparons le bateau pour appareiller demain matin.