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GRAND DEPART VERS DE NOUVEAUX HORIZONS
Vendredi 13 Octobre 2006 ------>En direction des Baléares
Ca y est, après maintes hésitations, c'est aujourd'hui (que je me mets à écrire) que nous avons décidé de larguer les amarres, défiant toutes les superstitions ( "Inchallah").
Vendredi 13, aux environs de 11h45, nous voilà partis de Gruissan laissant quelques amis sur le quai venus nous accompagner jusqu'au bout de la jetée.
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Durs ont été les aurevoirs à la famille et aux amis mais c'était le passage obligé pour continuer notre projet de famille.
Ce fut étrange ce départ ; pour ma part, j'avais du mal à me rendre compte que c'était le vrai départ et non pas une petite ballade à la journée. Au fur et à mesure de la navigation tout a pris son sens.
Pour un début de navigation ça a été un peu dur ; à peine à la sortie de la passe de Gruissan, il a fallu mettre le moteur car le vent du nord attendu ce jour là avait miraculeusement disparu. Aujourd'hui, alors que nous en avions besoin, il n'était plus au rendez-vous. Tout le monde était prêt y compris les animaux.
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Jusqu'au Cap Creus c'est à dire pendant 8 heures, nous avons fait du moteur !! Mais à tout moment pas très agréable, apparaît toujours un petit rayon de soleil ! Alors que je somnolais accompagné du ronron du bateau, j'entends des grands cris. J'ai pensé : " çà y est le vent est enfin revenu !!" Pas du tout une bande de quatre ou cinq dauphins venait à notre rencontre. Ce sont des moments exceptionnels que l'on n'arrive pas vraiment à décrire ; on dirait qu'ils ne sont là que pour vous !! J'ai pris mon joli appareil photo, super cadeau de mes amis du travail, et je n'ai réussi à ne prendre qu'une seule photo, ils vont trop vite !! Mais c'est super le reste est dans notre tête.

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Une fois passé le cap Creus nous avons enfin éteint le moteur et navigué à la voile. C'est super ce silence et toute cette eau qui vous entoure, mais nous étions toujours en vue de la côte ; espagnole cette fois.
Il est aux environs de 20 h 00 quand nous dépassons ce cap, et la navigation de nuit commence. Les enfants accompagnent un peu leur père et moi je vais commencer ma nuit qui doit normalement s'arrêter 2 ou 3 heures après pour prendre le relai du skipper en chef : Norbert. Alors que je dors paisiblement pendant 7 heures (à mon insu) j'entends une petite voix " tu viens me remplacer ?". C'est mon tour, Norbert me raconte son quart et me précise qu'il a évité 4 ou 5 cargots et qu 'il faut donc que je sois très vigilante. Je ne vous raconte pas le stress, armée de mes lunettes plus les jumelles. Au moindre doute je réveille Norbert ; autant vous dire que sa nuit a été plutôt blanche. A part la surveillance et les yeux qui picotent, la nuit est un moment bien particulier où l'on a le temps de penser à plein de choses ; ou la lune quand elle est là, vous accompagne dans ces petits moments de solitude qui restent toutefois agréables.
Samedi 14 Octobre 2006
La 1ère nuit s'est a peu près bien passée, malgré une petite frayeur pendant mon quart, où le vent s'est levé et le bateau est parti au lof (c'est à dire pour les "non initiés"; le bateau est remonté vers le vent d'un coup faisant gité le bateau jusqu'a touché l'eau au liston de celui-ci).
Le matin le vent est revenu suffisamment pour naviguer correctement, mais c'est le vent de nord-est qui souffle passant ensuite définitivement à l'est. Tout ça pour vous dire que nous avions une superbe houle qui nous poussait avec des creux pouvant aller pour certains jusqu'à 2 mètres. On ne craignait rien, mais c'est assez impréssionnant surtout quand on se retourne et qu'on les voit arriver soulevant le bateau et le faisant surfer. Nous sommes tous sous Cocculline, car je dois bien l'avouer, nous avons tous été bizutés sur ce coup là. Les enfants ont été exemplaires ; ils ne se sont jamais plaints participant même à " Qui veut descendre pour aller chercher ceci ou cela ?" Si ça bouge à l'extérieur, je ne vous explique même pas comment c'est à l'intérieur ! Le plus courageux a été Jean-Emmanuel qui poussé par la faim nous a préparé un petit plateau repas. Ceux-ci sont frugaux car l'appétit n'est pas vraiment au rendez-vous.
La deuxième nuit arrive. Re-belote, mais cette fois je participe un peu plus car Norbert n'a pas dormi la nuit dernière et n'a pas trop récupéré dans la journée. Quand c'est mon tour il reste avec moi dans le cockpit emmitouflé dans sa grosse veste et sous sa capuche, le pauvre ! mais c'est vrai que c'est rassurant pour moi de le savoir tout près. Nous devrions arrivé au petit matin aux Baléares. Déja dans la nuit nous entrevoyons les cotes de l'île et nous visons le phare qui nous fait coucou.
Dimanche 15 Octobre 2006
La mer et le vent se calment un peu et c'est aux environs de 7h30 -8h00 que nous sommes tous les quatre installés sur le pont pour voir le lever du soleil derrière les falaises de Mayorque.

Nous attendons midi pour rentrer dans le port d'Andraitx, à priori joli petit port que l'on nous a indiqué et qui nous accueille avec plusieurs voiliers qui s'apprêttent à faire une régate. Tout le monde enlève ses couches de vêtements au fur et à mesure que le soleil nous réchauffe et le sourire est au R-V.

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Déja sur le quai du carburant vers lequel nous nous dirigeons un employé du port nous attend pour nous dire que c'est fermé, evidemment c'est Dimanche, et nous indique l'endroit où nous mettre pour passer la nuit. Nous voilà amarrés à nouveau, mais normalement pas pour longtemps, nous repartirons après demain matin pour aller nous mettre au mouillage à Ibiza.
Le premier parcours de l'Alchimiste est un succès, nous sommes tous très heureux.
